Code 252 Signal de Détresse : L’avis critique d’un Nerd
Posté le July 17, 2012 par SoPa1978
Date de sortie cinéma : 6 décembre 2008 (Japon), Aucune en France
Date de sortie DVD/Blu-ray : 18 juillet 2012
Réalisateur : Nobuo MIZUTA
Avec : Hideaki ITO, Masaaki UCHINO, Takayuki YAMADA, …
Production : Japon
Genres : Catastrophe, Drame
Durée : 128min
Année de production : 2008
Editeur : First International Production
Titre orginial : 252生存者あり (252 Seizonsha Ari : 252 Il y a des survivants)
Région : B
Fiche IMDb (France) : http://www.imdb.fr/title/tt1260932/
Synopsis : Yuji et Shizuma SHINOHARA sont frères, Shizuma est chef d’équipe chez les pompiers de Tokyo et Yuji travaillait avec lui avant de décider de changer de métier pour aider au mieux sa famille. Le jour de l’anniversaire de sa fille, sourde-muette, Yuji doit rejoindre sa femme Yumi à Ginza mais une importante tempête oblige Yuji à descendre dans le métro pour retrouver sa famille à la station de Shimbashi. A peine arrivé, Yuji constate la panique qui a gagné les usagers du métro à la station et se retrouve rapidement emporté par la montée des eaux. Après avoir retrouvé sa fille et quelques survivants, tout le monde se met à l’abri dans la partie abandonné de la staton et Yuji donne ses intructions : pour prévenir les secours, il faut utiliser le signal sonore 252.
Code 252 Signal de détresse est un véritable cas d’école du cinéma grand public japonais. On a droit ici à tous les défauts, les stéréotypes et les mauvais exemples d’un film catastrophe lui même catastrophique. Le Japon nous a habitué depuis des années aux films catastrophes, vivant dans la peur continuelle de devoir faire face d’un minute à l’autre à un coup dur de la nature, ce sujet n’aura de cesse d’alimenter les scénarios de films, de séries ou de mangas. Ici, donc, nous avons à faire à un groupe de survivants qui tente de regagner la surface alors qu’un typhon important survole Tokyo. On a le droit au héros courageux mais assombri par un passé difficile, à la jeune fille frêle fortement dépendante des hommes, le jeune rebelle insupportable au grand coeur ou encore le petit salaryman survolté d’Osaka. Cette belle brochette de personnage sans intérêt va tenter de nous faire passer deux heures accroché à notre fauteuil, en réalité, on a hâte qu’ils s’en sortent et que tout le monde passe à autre chose.
Grosse production signifie en règle générale que l’on a droit à des acteurs de talent. Ici, ce n’est pas tout à fait faux, la plupart d’entre eux sont connus au Japon, et même en dehors, et certains sont plein de talent, mais il y a ici un très gros problème de direction artistique et cela se ressent très fortement dans le jeu. Notre héros principal est campé par Hideaki HITO qui, à la manière d’un Georges CLOONEY dans Urgences, ne semble avoir que deux expressions de visages : sourire toutes dents dehors et baisser les yeux pour se laisser aller à ses pensées. Hélas, comme souvent dans ce genre de film Japonais, on lui donne beaucoup trop d’importance, ne laissant pas les autres acteurs s’exprimer. Takayuki YAMADA, connu pour son rôle dans le film Densha Otoko, est absolument insupportable dans la première partie du film, son jeu est mauvais et son personnage peu crédible, mais quand on lui laisse le temps, quand il se pose, il nous sert une scène aux antipodes de son jeu précédent et nous offre ainsi la meilleure performance du film. Masaaki UCHINO, en pompier bouleversé, arrive à surjouer tout en étant juste, ce qui est très déroutant. Yuichi KIMURA est fidèle à lui même, et on regrettera encore que ce type d’acteur n’ait pas de rôle plus important dans ce genre de production et reste campé en personnage du Kansai, tel un Omar SY en personnage issue d’une banlieue difficile. Quant aux actrices, Yuu KASHII pourrait obtenir la palme du surjeu et du personnage le moins crédible si un tel prix existait, MINJI n’est là que pour sa belle gueule et la promo de son single (chanson officielle du film et générique de fin) et Sachiko SAKURAI n’est pas faîte pour le drame, on ne croit pas un instant à sa déprime. Mention spéciale pour Ayana OMORI, en petite fille sourde et muette, qui est absolument adorable et réussi parfaitement à jouer avec nos sentiments (elle m’aura fait pleurer la petite).
Comme je le disais plus tôt, ce film est un exemple parfait de blockbuster japonais raté. Les acteurs sont mal dirigés et on n’arrive pas à plonger avec eux dans l’intrigue pourtant simple du film. Avec ce genre de production, on sait à quoi s’attendre et on veut donc passer un bon moment, que ce soit en étant bluffé par les effets spéciaux ou en pleurant avec les personnages. Ici, les effets spéciaux et les décors sont très réussis, le tsunami est impressionnant et on reconnaît très bien les différents endroits de Tokyo ravagés par les vagues (Petit clin d’oeil rigolo, on voit très bien le bâtiment principal de Fuji TV, sur l’île d’Odaiba, être emporté et détruit par les vagues. Fuji TV étant un concurrent direct de Nihon TV, qui produit le film). Le son, parfois mal balancé pour un visionage dans son salon (à mon que ce soit mon accoustique), nous plonge également au coeur de l’action avec des basses très fortes et une trame omniprésente pour nous guider dans nos émotions. A côté de ça, le film est bourré de longueurs inutiles et lourdes, des ralentis en veux-tu en voilà, des actions peu crédibles (ex. : vers la fin du film, une vingtaine de pompiers s’agglutinent autour d’un trou pour aider un survivant alors que le sol est très instable et n’a pas arrêté de s’écrouler pendant les 20 dernières minutes.), un rythme irrégulier avec des flashback beaucoup trop longs en plein milieu d’une scène d’action et un montage amateur impardonnable pour une telle production (le réalisateur n’en est pourtant pas à son premier essai). Au final, on sort du film fatigué et frustré par les longueurs que l’on a envie de zapper, surtout que la fin traîne et tire à fond sur le mélodrame inutile.
J’ai pu visionné ce film dans sa version Blu-ray et de ce côté, il n’y a rien à dire, on a une image très belle et claire dans un fomat 16:9 d’origine, on en n’attendait pas moins d’un tel film. Comme je le disais un peu plus haut, je trouve le son un peu mal balancé, mais cela passe sûrement beaucoup mieux avec un installation DTS propre, ceci m’a quand même obligé à jouer avec la télécommande plusieurs fois pour entendre les dialogues. La version originale sous-titrée et le doublage français sont tous deux disponibles, le doublage semble de bonne facture, quant à la traduction, on regrettera deux ou trois petites subtilités de langages qui sont passées à la trappe et qui gênent un peu pour la compréhension du film (mais rien d’important). Côté bonus, c’est le néant et c’est très décevant lorsque l’on sait que sur le Blu-ray japonais, on avait accès à plusieurs entretiens avec les acteurs, le making of, le clip de MINJI, les bandes annonces, etc… Ici, on a juste droit à quelques bandes annonces de films du distributeurs, avant le menu, impossible à zapper, comme si l’on avait entre les mains un disque de location. Très décevant.
Pour conclure : Ce film est vraiment décevant, même si on n’en attend pas grand chose. J’imagine que les scènes de catastrophes naturelles sont impressionnantes sur un grand écran mais elles ne sauvent pas le film qui souffre d’un énorme problème de mise en scène et de direction artistique, qui gâche le talent de certains acteurs qui auraient pu sauver le film pendant les divers dialogues. C’est du lourd, c’est vendu comme un mauvais cheeseburger réchauffé au four micro-ondes, ça ne rassasie pas et ça reste quand même sur l’estomac. Bref, arrêtez les recherches, ils n’y a plus de survivants…
Note : 3.5/10
PS : Contrairement à ce qui sous-entendu dans la bande annonce française du film (ci-dessous), ce film n’est pas tiré d’un histoire vraie mais inspiré d’un fait réel datant de 2004 et faisant suite à un tremblement de terre et à des glissements de terrain dans la région de Niigata.
En cadeau, le clip de MINJI, bande original du film :










