Hasta la Vista : L’avis critique d’un Nerd

Posté le July 6, 2012 par

Date de sortie cinéma : 7 mars 2012
Date de sortie DVD/Blu-ray : 7 juillet 2012
Réalisateur : Geoffrey Enthoven
Avec : Robrecht Vanden Thoren, Gilles de Schryver, Tom Audenaert, Isabelle de Hertogh, …
Production : Belgique
Genres : Comédie, Drame, Road Movie
Durée : 113min
Année de production : 2012
Editeur : Filmedia
Fiche IMDb (France) : http://www.imdb.fr/title/tt1753887/

Synopsis : Philip, Lars et Jozef sont trois amis qui partagent la même passion pour l’oenologie mais également le fait d’être encore vierge malgré le fait qu’ils aient tous les trois plus de 20 ans. Il faut dire que Philip est complètement paralysé et se déplace tout le temps dans son fauteuil électrique, Lars est atteint d’une tumeur qui l’oblige a rester dans un fauteuil roulant et Jozef est mal voyant. Un jour Philip entend parler d’un Bordel en Espagne spécialement équipé pour les personnes handicapées et décide avec ses accolites d’aller y faire une escale tout en prenant la route des vins. Ils réussissent à convaincre leurs parents, en omettant de parler du Bordel, hélas une triste nouvelle concernant la tumeur de Lars va les obliger à changer leurs plans et partir à la sauvette avec une ancienne infirmière mystérieuse et, au premier abord, non chalante : Claude.

Claude !? Comme dans Claude avec un “e”, ce n’est pas un homme ???

Après le succès d’Intouchables, il semble impossible de ne pas y faire référence dès que l’on aborde des sujets concernant des personnes handicapés dans un film. Ce fût le cas de De Rouille et d’Os à Cannes cette année, et Hasta la Vista n’échappera sûrement pas à cette comparaison dans de nombreux média, mais n’ayant pas vu Intouchable, je vais vous épargner ce genre de comparaison. A dire vrai, ce film me fait beaucoup plus penser à Little Miss Sunshine, sûrement à cause du mini Van dans lequel se déplace nos protagonistes, mais aussi par son rythme et la banane qui s’affiche sur nos visages en regardant ce film, juste après avoir versé une petite larme. Oui, l’un des points fort de ce film est son incroyable capacité à jouer avec nos sentiments et à nous faire passer des rires aux larmes en quelques secondes, avec une justesse qui doit beaucoup à la mise en scène, mais également au talent des acteurs qui campent leurs rôles avec énormément brio et réalisme, à tel point que je pensais que les producteurs avaient vraiment fait appel à des personnes handicapés pour incarner nos trois compères. Mais l’autre force du film, c’est d’arriver à faire de ces trois personnages des êtres humains avant tout, leurs handicaps physiques s’effacent souvent derrière leur personnalité et leur caractère (bien trempé pour Philip d’ailleurs) et l’on se rend compte à quel point nous avons souvent le même regard que les deux joggeuses au tout début du film et que l’on oublie que derrière le fauteuil ou la canne blanche, il y a une personne comme vous et moi.

Tieten! Kilometers tieten! (Des nibards ! Des kilomètres de nibards !)

Comme je l’ai déjà brièvement expliqué, nous avons ici un panel d’acteurs absolument extraordinaires. Robrecht Vanden Thoren est sûrement celui que j’ai préféré, il incarne avec authenticité son personnage entièrement paralysé et confiné dans son fauteuil. Philip, son personnage, est un peu le chef de troupe et celui qui a la plus grande gueule, n’hésitant pas à se moquer des gens et à leur faire des remarques déplacées qui ne manquent pas de mettre mal à l’aise ses camarades. Philip en est presque détestable par moment, ce qui le rend très humain et nous fait oublier qu’il est dans un fauteuil et par la même, nous donnerait envie de lui mettre des baffes si on venait à le croiser dans la rue. Son ami Lars, incarné par Gilles de Schryver est lui beaucoup plus posé, calme et introverti. Sans son fauteuil, il aurait sûrement eu plus d’assurance et de succès auprès de la gent féminine, ce qui se révélera plus ou moins vrai en Espagne. Gilles de Schryver a su également mettre la bonne dose de sentiment dans son personnage, et c’est celui qui nous fera le plus pleurer au fur et à mesure que sa tumeur l’attaque et joue sur son interaction avec son entourage. Tom Audenaert joue, quant à lui, Jozef le mal voyant, sûrement le plus drôle et le plus adorable des trois. Il nous fait rire par ses mimiques du à son handicap, comme le moment où il tente de cacher sa valise derrière un bureau dont le fond n’est pas total, mais il nous touche également par sa timidité et son incroyable gentillesse, encaissant sans trop réagir, les moqueries de Philip. Quand à Claude, incarnée par Isabelle de Hertogh, elle se dévoile un peu plus tout au long du film, comme le ciel entre la Belgique et l’Espagne. Au tout début, elle est froide silencieuse, puis rapidement, elle se révèle être adorable, à l’écoute et très ouverte d’esprit. On sent ici la volonté du réalisateur de montrer avec Claude, de façon simpliste c’est vrai, que les apparences sont souvent trompeuses et qu’il faut toujours voir plus loin que le physique pour connaître une personne, qu’elle soit handicapée ou pas.

Et si tu n’existais, dis moi pourquoi j’existerais…

Si il y a une critique négative à faire sur ce film, c’est justement son côté un peu simpliste, par moment. On n’a pas ici à faire à un scénario très original et l’on sent la plupart des scènes, des actions et des réactions venir à des kilomètres, mais on se laisse prendre quand même, on se laisse guider par la trame musical, le jeu des acteurs, les personnages attachants et l’on a envie de voir tout ce petit monde heureux, comme dans Little Miss Sunshine. C’est justement toute la force du film, le scénario et son rythme étant classique, comme dans un buddy movie ou road movie comique, on s’attarde plus sur les personnages, leurs histoires, leurs sentiments et leurs réactions. Le réalisateur nous emmène alors dans un univers que peu d’entre nous connaisse et en fait quelque chose de complètement humain où tout le monde peut se retrouver. On peut sûrement trouver dans notre entourage des amis ou des membres de notre famille qui, sans handicap physique, pourraient facilement se reconnaître dans le caractère autoritaire et moqueur de Philip ou dans le côté “bon copain/toujours là” de Jozef. J’aime les films qui me parlent de fraternité et de complicité, et c’est exactement ce dont Hasta la Vista parle. Une des choses qui contribue également à l’effet en dent de scie des sentiments entre lesquels le réalisateur nous fait vibrer c’est la musique du film qui s’est être discrète et juste afin de nous élever lorsque cela est nécessaire ou s’effacer pour nous laisser emporter par le jeu des acteurs. A ce propos, je tire mon chapeau à la petite Kimke Desart qui réussit parfaitement à joueur le rôle de la petite soeur insupportable et pleine d’amour pour son grand frère Lars. Vraiment touchante.

Nos 3 compères sont près pour la soirée…

D’un point de vue technique, l’image offerte est au format 2.35:1 donc comme l’originale en salle, quant au son, il est Dolby Stéréo et DTS 5.1 four les deux langues offertes, à savoir le français et le Flamand (version originale). Pour ce qui est du son d’ailleurs, je recommande encore une fois la V.O., non seulement parce que c’est toujours meilleur, mais aussi et surtout parce que Claude s’adresse en français aux garçons et cela joue un rôle important dans les interactions entre les personnages. De plus les dialogues ont parfois un petit côté Lost in Translation (on y fait d’ailleurs référence dans une scène) qui n’est pas sans déplaire lorsque nos trois compères se retrouvent en Espagne. L’image est de bonne facture (j’ai visionné le Blu-Ray pour cette critique) et les couleurs s’adaptent parfaitement à l’atmosphère du film : sombres et tristes au début, en Belgique, puis chaudes et festives en Espagne et au fur à mesure du voyage. Au niveau des bonus, nous avons droit à plusieurs entrevues avec les acteurs et le réalisateur du film, les classique bandes annonces et making off, mais pas de scènes coupées ce que je considère comme un point positif qui nous montre que l’on a bien ici à faire à un film fini et monté comme le réalisateur le souhaitait.

Party Animals! Bring it on Baby…

Pour conclure : Hasta la Vista est une très bonne surprise, comme on aimerait en voir plus souvent. C’est véritablement un film à voir, à partager et à faire connaître. On ne s’ennuie pas une seconde, on en ressort émerveillé et on redemande. J’espère à nouveau croiser le chemin de ces acteurs formidables et de ce réalisateur de talent dans des films tout aussi intéressant, drôle et humain. A noter que le scénario du film a été inspiré par l’expérience d’Asta Philpot et de la fondation qu’il a créée pour aider les personnes handicapées à avoir une vie sexuelle comme tout un chacun, même si cela doit passer par des prestations tarifaires.

Note : 9.5/10

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Commentaires (1)

 

  1. rd3d (78 commentaires) says:

    whaaaa ! 9,5/10 ??

    faut que je vois ça alors !!!

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