[Film] Baby-sitter malgré lui : L’avis critique d’un Nerd
Posté le October 28, 2012 par SoPa1978
Date de sortie cinéma : 13 juin 2012 (US : 9 décembre 2011)
Date de sortie DVD : 19 octobre 2012
Réalisateur : David Gordon Green
Avec : Jonah Hill, Ari Graynor, Sam Rockwell, J.B. Smoove, …
Production : Etats-Unis
Genres : Comédie, Road Movie
Durée : 81min
Année de production : 2011
Editeur : 20th Century Fox
Région : 2
Titre Original : The Sitter
Fiche IMDb (France) : http://www.imdb.fr/title/tt1366344/
Synopsis : Noah Griffith (Jonah Hill) est un ex-étudiant fainéant, égoïste et un peu rêveur qui vit encore au crochet de sa mère. Afin que cette dernière puisse se rendre à une soirée avec une amie, Noah accepte de jouer les baby-sitter d’un soir. A peine a-t-il commencé à garder les 3 enfants à sa charge, qu’un coup de téléphone de sa “petite amie” va bousculer sa soirée et entraîner notre 4 compères dans une course folle à travers la ville de New York, au milieu des trafiquants de drogue, de la haute société et des bars malfamés.
Je sais ce que vous vous dîtes, ce scénario ressemble beaucoup au premier film de Chris Colombus en tant que réalisateur : Adventures in Babysitting (Nuit de folie en France). Pourtant, on est bien loin de l’esprit comédie familiale du film de 1987. Ici, c’est du David Gordon Green tout craché, c’est trash, ça parle de drogue et de sexe, ça jure dans tous les sens et même les enfants ont des rôles dignes d’adultes. Pourtant, le schéma est vraiment le même et quand j’ai lu le synopsis du film, j’ai vraiment pensé à un hommage ou à une nouvelle version d’un film peu connu qui a pourtant lancé la carrière d’un des plus célèbre scénariste, producteur et réalisateur de films familiaux des années 80 à aujourd’hui (Gremlins, Home Alone, les premiers Harry Potter, …). Il n’en est rien et aucune référence directe n’est faite à Adventures in Babysitting. Chacun des enfants à pourtant son lot de problèmes et de secrets, et leur baby-sitter est complètement décontenancé et incapable de gérer la moindre situation difficile. Donc à défaut d’avoir des références directes, le spectateur peut, lui, s’amuser à y retrouver des points communs. Un Adventure in Babysitting sous acide donc, servi par une poignée d’acteurs ayant déjà fait leurs preuves dans ce genre de film.
Jonah Hill fait parti de cette nouvelle génération de jeunes comiques que l’on retrouve un peu partout depuis quelques années. Il a déjà fait ses preuves dans des films comme Superbad (SuperGrave) ou encore Get Him to the Greek (American Trip) et ici, tout le film tourne autour de son personnage. Il remplit plutôt bien son rôle même si parfois on est un perdu, ne sachant pas si il tourne en roue libre ou si il est freiné par la direction artistique. Ses monologues interminables sont drôles mais pas hilarant, c’est plutôt dans les interactions avec les autres personnages que Jonah Hill s’en sort le mieux. Avec les enfants, il arrive à passer pour l’un d’eux tellement Noah est dépendant de sa mère, mais au fur et à mesure du film, il va gagner en maturité et surtout en responsabilités. Les enfants campent des personnages atypiques entre le grand frère de 12 ans, métrosexuel (?) et désorienté et la petite soeur de 8 ans qui se comporte comme une “pétasse” de 20 ans, il y a le frère Salvadorien terroriste. Des portraits à la limite du malsain et pourtant tellement réels et peu représentés dans ce genre de film (les langues se délient au fur et à mesure du film et l’on comprend mieux le pourquoi de leur comportement) et si les enfants ne sont pas toujours très juste dans leur jeu, à l’exception peut-être de Landry Bender qui est méchamment adorable, ils s’en sortent très bien. L’autre personnage marquant de ce film est le dealer de drogue Karl, joué par Sam Rockwell, et qui n’est pas sans rappelé sa performance dans The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy (H2G2 : le guide du voyageur galactique). Karl est complètement barré, souffrant sûrement d’un trouble de l’attention couplé à une bipolarité, il part dans des délires mélangeant mégalomanie, amitié, secte et business. Dommage que la répartie ne soit pas meilleure lorsque Karl et Noah sont face à face. Tous les personnages secondaires qui gravitent autour de nos héros sont justes, mais personne ne tire réellement son épingle du jeu.
On a ici une comédie qui ne s’adresse pas à tout le monde, et comme pour les précédentes réalisations de David Gordon Green, soit on aime, soit on passe son chemin. Ça parle ouvertement de drogue (même si on est loin d’une apologie délirante à la Pinepapple Express (Délire express)) et les gros mots fusent dans tous les sens, que ce soit les enfants qui les sortent sans trop savoir ce qu’ils signifient ou Noah qui semble les utiliser comme des signes de ponctuation. Entre ce film et Your Highness (Votre Majesté), il semble que le réalisateur ait choisi de reprendre le schéma de plusieurs films familiaux pour en faire des versions délirantes et clairement orientées vers un public adulte (ou plutôt adulescent). Il faut donc prendre ce film pour ce qu’il est, un gros délire, une comédie bête et méchante, un road movie sous extasy, bref un moment de détente où l’on peut laisser son cerveau au placard pendant près d’une heure et demi. Pour moi, ça a marché, je me suis bien amusé, sans pour autant éclater de rire tout du long. Il y a pourtant des moments très drôle : quand les enfants se battent contre un champion de kickboxing, par exemple, ou quand Noah est pris pour un pervers dans un magasin de vêtements pour enfants. Au final, on a un film plutôt moyen qui se repose trop sur ses acteurs et pas assez sur son potentiel humoristique. Certains gags ou éléments du scénario auraient mérité plus d’approfondissement pour que l’on s’amuse complètement. A vous de voir donc, si vous aimez ce genre de comédie, il n’y a pas de raison que vous en sortiez trop déçu, par contre, si ce n’est pas votre tasse de thé, oubliez tout de suite.
Le film est disponible en version DVD, pas de Blu-ray annoncé en France. La qualité de l’image est plutôt bonne et le 16:9 est d’origine. La bande originale est plutôt sympathique, entre Hip Hop Oldskool et Funky/Club House, elle donne le ton du début à la fin et colle parfaitement aux différentes scènes et ambiances du film. Encore une fois, le doublage français n’est pas à la hauteur, il faut dire que l’exercice est difficile tant les acteurs semblent improviser énormément sur certaines scènes, le doublage enlève donc toute la spontanéité et le naturel des dialogues. Le DVD est fourni avec plusieurs doublages et sous-titres au grand bonheur de ceux qui veulent customiser leur visionage. Côté bonus, rien à l’exception de la version courte ou longue du film. Pas de scènes coupées, de featurette ou d’entrevues. Dommage, car on aurait bien aimé connaître les impressions des enfants sur le tournage et des adultes qui ont travaillé avec eux.
Pour conclure : C’est simple, Baby-sitter malgré lui est une comédie potache et trash, qui ira parfaitement avec votre pizza, un soir de pluie, alors que les potes sont à la maison. Il faut aimer le genre, mais si c’est votre cas, ne boudez pas et louez, au moins, ce film pour vous en payer quelques barres entre pote.
Note : 6.5/10
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