[Film] The Samaritan : L’avis critique d’un Nerd
Posté le October 27, 2012 par SoPa1978
Date de sortie cinéma : Jamais en France (18 mai 2012 aux Etats-Unis)
Date de sortie DVD/Blu-ray : 2 octobre 2012
Réalisateur : David Weaver
Avec : Samuel L. Jackson, Luke Kerby, Ruth Negga, Tom Wilkinson, …
Production : Canada
Genres : Drame, Thriller
Durée : 90min
Année de production : 2012
Editeur : Aventi
Région : 2
Fiche IMDb (France) : http://www.imdb.fr/title/tt1867093
Synopsis : Foley (Samuel L. Jackson) sort de prison après y avoir passé 25 ans pour le meurtre de son partenaire avec qui il a monté plusieurs arnaques. Alors qu’il essaie de retrouver ses anciens compagnons et l’environnement qu’il a connu, il découvre que les temps ont été durs pour tout le monde et qu’ils sont aujourd’hui rangés ou morts. C’est alors que Ethan (Luke Kerby), le fils de son partenaire, et Iris (Ruth Negga), une jeune paumée, vont lui tomber dans les bras et l’obliger à redevenir l’homme qu’il ne voulait plus être car, comme il le dit dans les premières minutes du film, “Si tu continues à faire ce que tu as toujours fait, tu seras toujours celui que tu as toujours été, rien ne change tant qu’on n’y change rien.” (“If you keep on doing what you’ve always done, you’ll keep on being what you’ve always been, nothing changes unless you make it change.”).
Bien que le film ait connu une distribution en salle limitée, aux Etats-Unis, au Canada et dans quelques autres pays (UK, Japon, …), ce dernier a tout d’un Direct-to-DVD, que ce soit au niveau de l’image, de l’ambiance sonore ou du scénario. Cela ne veut pas dire que le film soit mauvais, mais on sent que les moyens n’étaient pas toujours suffisants là où on aurait apprécié qu’un soin un peu plus important soit apporté aux détails. Le film est froid, très froid, un peu comme une mauvaise production tournée en Europe de l’Est avec Wesley Snipes ou Steven Seagal et diffusée X fois, en deuxième partie de soirée, sur NRJ12. Même si cela est volontaire (l’ambiance glaciale, pas le fait de passer sur NRJ12), on ne peut s’empêcher de faire cette comparaison et de décrédibiliser le travail des différentes équipes. Pourtant, certaines images de New York sont absolument superbes, et certains décors collent parfaitement à l’ambiance des scènes ou aux personnages. Hélas, c’est l’ensemble qui ne prend pas toujours.
Samuel L. Jackson… j’aime beaucoup cet acteur et il n’est pas difficile de citer des rôles dans lesquels il fut mémorable, que ce soit avec Spike Lee ou Quentin Tarantino aux commandes (d’ailleurs, les dernières bandes annonces de Django Unchained donnent envie). Hélas, il n’est pas non plus difficile de citer des films dans lesquels on est en droit de se demander ce qu’il est allé y faire. Son rôle dans The Samaritan se place entre ces deux catégories. Son personnage est bien interprété, juste et touchant, mais le scénario dessert complètement l’acteur et l’équilibre n’est pas correctement établi avec les autres acteurs. Luke Kerby n’est pas plus convaincant que cela, Ruth Nega est inégale et Tom Wilkinson, qui aurait pu remonter un peu le niveau, n’est pas assez présent à l’écran. Tout ça est bien dommage, car il y avait matière à donner plus de vie et de mordant à ces personnages. Samuel L. Jackson se contente donc de jouer son rôle sans y apporter de profondeur, comme il a pu le faire dans des films comme Black Snake Moan (Il faut dire qu’il y avait Christina Ricci en face, donc ça motive), Do The Right Thing, A Time to Kill (Le droit de tuer?), ou encore le célèbre rôle qui l’a fait sortir de l’ombre, celui de Jules dans Pulp Fiction.
Le plus gros problème de ce film, c’est qu’il nous entraîne dans le monde des malfrats et des arnaqueurs, on s’attend donc à être surpris et à voir l’histoire faire un ou plusieurs virages à 180⁰ pour nous perturber, nous scotcher à notre siège et nous tenir en haleine. Mais de ce côté là, on ressort très déçu, surtout qu’un de ces tournants du film aura plutôt tendance à nous mettre mal à l’aise et nous faire espérer tout du long que cela fasse partie de l’arnaque en cours. On s’attend un peu, comme dans Matchstick Men (Les associés) à ce que l’arnaque principale du film ne soit que l’un des rouages d’un complot plus important ou que certains éléments du film se révèlent être des mensonges ou des écrans de fumée, et sans vous révéler la fin, je vous conseille simplement de ne pas trop en attendre de ce côté-là. Avec un scénario aussi peu jouissif là ou on aurait pu avoir une bombe, les acteurs ne nous emportent pas avec eux dans leur univers, voire ils nous en dégoûtent un peu à un certain point. Alors qu’est-ce qui pourrait sauver ce film ? Son ambiance ? Oui d’un point de vue visuel, car on a des jeux de lumière très bien rendus et des images de New York absolument magnifiques qui donnent un aspect humain et “villageois” à cette métropole pourtant gigantesque et noire de monde. Nos héros vont et viennent dans des endroits de la ville comme si cette dernière ne faisait pas plus de 4 blocs, et certains plans en contre plongée renforcent cette impression de petits au milieu de la grande. Mais d’un point de vue sonore, la musique est mal balancée, froide et trop peu présente. Au final, on est déçu par ce film qui aurait mérité plus d’attention, plus de moyens et une meilleure direction artistique sur plusieurs niveaux.
J’ai pu visionner ce film en DVD et la qualité de l’image était très bonne, les couleurs et le contraste rendaient bien l’ambiance froide d’un automne new yorkais. On a le droit à la version française du film et à sa version originale sous-titrée en français. Le doublage est très moyen pour ne pas dire inintéressant. La version originale est donc chaudement recommandée. Le menu est sobre et classique (film, configuration, chapitres), une seule bande annonce en bonus et aucun commentaire, featurette ou scène coupée. Bref, rien de plus pour remonter un peu le niveau général.
Pour conclure : Quel dommage que The Samaritan ne soit pas plus réussi, tous les ingrédients sont là, mais la sauce ne prend pas, on s’ennuie, on est gêné et au final, on a encore faim. Samuel L. Jackson est un acteur formidable qui a, hélas, tendance à tomber sur de mauvais projets, peut-être est-il temps qu’il change d’agent ou qu’il s’investisse un peu plus dans les projets qu’il choisit afin d’en tirer le meilleur. Avec l’âge, je pense que l’on risque de le voir de plus en plus dans des rôles de sage, de mentor ou d’éducateur, à l’instar d’un Laurence Fishburne, ce qui n’est peut-être pas une mauvaise chose, mais je pense que cet acteur a plus à offrir que des seconds rôles stéréotypés.
Note : 5/10
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Il envoie tellement de rêve ce film