[Test] Mafia III (PS4)

Mafia III est un jeu vidéo de tir à la troisième personne développé par Hangar 13, et édité par 2K Games. Lincoln Clay, le personnage principal, est de retour à New Bordeaux de la guerre du Viêt Nam. À son retour, il découvre que sa « famille », son groupe de gangsters, a été massacré par des mafieux. Lincoln cherchera à se venger. L’action se déroule à New Bordeaux, une version alternative de La Nouvelle-Orléans, en 1968.

Editeur : 2K Gamesmafia-3-ps4
Développeur : Hangar 13 Games
Sortie France : 07 Octobre 2016
Genres : Action | TPS | Aventure
Classification : +18 ans
Mode : Jouable en solo

La nouvelle Orléans voilà un lieu qui est emblématique pour la mafia italienne. Au cours du 20ième siècle, cette région a vu naître certaines des plus grandes familles siciliennes de gangsters américains. C’est dans ce décor des années 60 que nous propulse 2K Games par le biais du studio Hangar 13. Lincoln Clay, de retour d’un séjour militaire du Vietnam, retrouve sa famille adoptive de New-Bordeaux. Il apprend que ses proches ont quelques difficultés relationnelles avec la Cosa Nostra locale. Bien entendu, la mafia italienne n’est pas du genre à rigoler avec les débits différés et c’est donc naturellement que notre « héros » décide avec ses acolytes de braquer une réserve fédérale (oui il fallait y penser). Le syndicat du crime étant un fervent militant de la juste répartition des richesses massacre tout le monde pour faciliter le partage. Lincoln, visiblement troublé par les effets secondaires de l’agent orange ou par la balle qui lui a traversé la boite crânienne, ou tout simplement par le fait que des collègues de boulot aient brûlés le peu de famille qu’il avait, décide de se cuisiner un bon plat de vengeance bien froide. C’est ainsi que notre histoire commence, entre bayou et voyous.

Dans Mafia, il y a Maïa, coïncidence ?

L’histoire, la mise en scène, les personnages, sont les points forts du jeu. Ça c’est une bonne nouvelle ! Souvent quand on commence à présenter un jeu avec un monde ouvert ma première réflexion c’est « j’espère que je ne vais pas encore faire de la cueillette, couper du bois, faire des déplacements inutiles juste pour utiliser la carte ». Mais là non, il y a un vrai scénario un vrai univers. D’abord, parlons des personnages. Ils sont charismatiques, leurs attitudes et leurs mimiques sont étonnantes de réalisme. A cela on peut ajouter, toutes les cinématiques qui ponctuent l’expérience. Effets rétro pour donner un style reportage, interviews des protagonistes pour donner du réalisme, dialogues articulant les différentes phases de la progression, tout est fait pour nous plonger dans le scénario. C’est bien orchestré, c’est visuellement réussi et ça fait plaisir d’avoir une histoire à raconter. De plus, l’ensemble est plongé dans un univers sonore immersif : musiques de l’époque, doublures françaises de bonnes qualités, bruitages cinglant lors des combats à mains nues ou à mains armées (et là je ne parle pas que des braquages !). Mafia 3 nous immerge avec brio dans la noirceur de cette période entre crime organisé et racisme persistant, tout en ne tombant pas dans un manichéisme primaire. A New-Orléans, personne n’est tout blanc ou tout noir si on peut dire.

Avec une mise en scène aussi réussie on se dit alors que les missions que nous allons devoir effectuer vont être palpitantes (et oui qui dit open world dit missions, c’est difficile d’y couper). Ok on ne va pas faire de la cueillette, néanmoins on en n’est pas loin par moment. Passées quelques missions « spéciales » entre deux cinématiques on se retrouve souvent à aller d’un point « A » vers un point « B » pour y massacrer un certain nombre d’ennemis. A priori, résumé comme cela ça paraît plutôt classique pour un jeu où l’on incarne un mafieux, seulement on aurait aimé un peu plus de diversités. Les décors sont souvent proches les uns des autres. Le level design des bâtiments est des plus simples dans un grand nombre de cas. Et surtout, les ennemis ne sont pas franchement des génies. Les « boss » sont souvent derrière leur bureau à attendre notre arrivée chaleureuse. Les ennemis « standards » sortent de leur cachette pour devenir des cibles de choix sans que l’on sache vraiment pourquoi. Quand ils trouvent un collègue la carotide tranchée dans un couloir ils ne s’en inquiètent pas plus que ça, du genre « il a certainement glissé sur un couteau de boucher, bizarre »… Et voilà il passe son chemin. C’est vrai les accidents ça arrive mais quand même ! Ne parlons pas de la police qui est inexistante la plupart du temps et qui à l’inverse au moindre doute se met à tirer dans le tas sans réfléchir. Bref, ils ont tous des problèmes comportementaux à New-Bordeaux. Au début, c’est marrant d’effectuer des sortie punitives à 1 contre 10 mais par moment un petit changement serait bien venu. Bien sûr il y a aussi l’approche « furtive ». Malheureusement là aussi on fait vite le tour. Caché, sifflé, égorgé, caché, sifflé, égorgé… Le cache-cache ce n’est pas très marrant avec des personnes malvoyantes. A ce niveau c’est juste de la méchanceté. Les ennemis commence à réagir une fois qu’on est à 3 mètres, au-delà tout semble flou pour eux. Du coup on a vite le sentiment d’être un tigre dans une crèche, dommage. A noter quand même que certaines missions relèvent franchement le niveau. Pas au niveau de l’IA mais déjà au niveau du level design ce qui n’est pas rien (pourquoi ne pas avoir travaillé plus dans ce sens !).

Bon d’accord les missions ne sont pas vraiment à la hauteur de l’œuvre mais qu’en est-il du gameplay ? Sur ce point c’est plutôt simple. La prise en main est directe. Pour ceux qui ont l’habitude de jouer à des GTA like il vous faudra moins de 5 minutes pour comprendre les mécanismes, pour les autres un gros quart d’heure suffira. Pour plonger dans le jeu c’est une bonne chose car on est tout de suite dans l’histoire. Cela permet de ne pas louper de morceaux du scénario parce qu’on n’arrive pas à suivre en parallèle les dialogues et l’action. Malgré cela le jeu n’est pas réellement évolutif. Il se déroule sans vraiment de difficultés majeures. Bien entendu il y a quelques petites améliorations (pimp my ride, pimp my arme, pimp my réseau de trafic de drogue) mais rien de bien structurant. Du coup, par moment, on s’ennuie un peu manette en main et on espère qu’un nouveau rebondissement vienne nous réveiller de notre somnambulisme vidéo ludique.

Finalement, il reste le visuel. Et là on a un sentiment mitigé. Les cinématiques sont réussies, les personnages sont plutôt réalistes, par contre pour le reste c’est compliqué. Au début je me suis dis c’est joli, et puis après il y a eu la pluie, les nuages, les ombres, la nuit et là c’est très variable. Par moment, l’ensemble est bien géré et c’est pas mal, à d’autres ça part dans tout les sens. Bugs, nuages qui passent à grande vitesse, personnages qui brillent, lumière qui suit des courbes d’espace temps improbables. On trouve un peu de tout dans Mafia 3. En fait, on a l’impression que les textures n’arrivent pas toujours à temps, que les phénomènes de réflexions sont plutôt mal gérés (il suffit de regarder dans une glace, ou dans le rétroviseur de la voiture pour s’en rendre bien compte). Du coup la lumière est parfois là où on ne l’attend pas et parfois on l’attend toujours. Bien entendu cela n’empêche pas de jouer, d’ailleurs au début on est pris dans le jeu et on ne voit pas directement les défauts, toujours est-il qu’au moment où les missions deviennent redondantes on se met à prendre en compte l’aspect visuel et là ça peut piquer.

On l’aura compris, Mafia 3 est inégal. D’un côté, techniquement il y a clairement un souci d’autant que le jeu souffre de l’attente engendrée par ses aînées. Problèmes de texture et de lumière, c’est dommage. De l’autre on trouve un univers, une mise en scène, des personnages au top. D’un côté on a des missions qui deviennent vites redondantes. De l’autre une histoire qui tient en haleine. Avec cette nouvelle édition de cette série emblématique, la mafia 2K nous offre un beau cadeau dans un paquet recyclé, « une proposition que nous ne pouvons pas refuser » en somme.

Ma note : 7/10

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