[Test] Horizon : Zero Dawn (PS4)

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Horizon : Zero Dawn est un jeu d’action/aventure en monde ouvert sur PlayStation 4. Dans cet univers post-apocalyptique vibrant et luxuriant, de colossales créatures mécaniques parcourent des terres qu’elles ont arrachées aux mains de l’humanité.Vous incarnez Aloy, une chasseuse habile qui compte sur sa vitesse, sa ruse et son agilité pour rester en vie et protéger sa tribu des machines, de leur force, de leur taille et de leur puissance brute.

Editeur : Sony Computer Entertainment
Développeur : Guerrilla
Sortie France : 01 Mars 2017
Genre: Action | Infiltration | RPG
Thème : Post-apocalyptique | Mecha | Dinosaures
Classification : +16 ans
Mode : Jouable en solo

Intelligence artificielle, membres mécaniques, œil bionique notre futur est technologique et les jeux vidéo n’échappent pas à cette tendance. On ne compte plus les jeux traitants de cette thématique, robot méchants, robots gentils, humain robotisé, de Deus Ex à Metal Gear en passant par Bioshock c’est devenu monnaie courante. Alors qu’on pourrait penser avoir fait le tour de la question, voilà que Guerrilla Games (Killzone rien que ça) débarque avec une toute nouvelle licence nommée Horizon (Horizon : Zero Dawn pour être plus précis). Un mélange bien étonnant entre transanimalisme et préhistoire. Notre héroïne est plongée dans un monde post apocalyptique où les humains sont retournés à l’âge de pierre (ça c’est le côté homme des cavernes) au milieu d’une faune en partie mécanique, des dinosaures métalliques en quelque sorte (voilà pour la partie SF). Traditions, croyances, comportements tribaux, toutes les caractéristiques des temps les plus reculés se retrouvent propulsées directement dans le futur. Honnêtement, on a envie de voir jusqu’où va nous conduire Guerrilla.

Tout commence avec une petite fille rousse prénommée Aloy. Aloy est une paria. Exclue de sa tribu pour des raisons étranges elle est recueillie et élevée par un chasseur au destin tout aussi énigmatique : Rost. Pour sortir de sa condition, un seul moyen « l’éclosion ». Rite de passage, épreuve de bravoure « l’éclosion » est l’unique moyen pour la paria qu’elle est de devenir une brave et d’être acceptée par ses congénères tribaux. Ainsi, avec l’aide de son père adoptif, elle va s’entraîner durant son enfance pour ce fameux concours de biceps. Vu comme ça on a l’impression qu’on joue au jeu de l’homme de Cro-Magnon mais c’est bien mal connaître Guerrilla Games car en vérité dans Horizon rien n’est préhistorique. Le monde d’Aloy est un monde en reconstruction. Une catastrophe inconnue a détruit la civilisation que nous connaissons et l’a laissée à la patte d’animaux mécaniques. Androïdes poilus, dinosaures post historiques, reptiles à boulons il est plutôt difficile de les décrire. Dans tous les cas, ces robots pour le moins étranges sont les maîtres des lieux. Les humains doivent les chasser pour se défendre et pour récupérer des matériaux essentiels à leur survie. Quête de liberté, besoin de reconnaissances, recherche de vérité, lutte pour la survie, monde mystérieux, le mélange proposé par Guerrilla est tout simplement explosif. On a envie de comprendre pourquoi notre planète est devenue ainsi, qu’est ce qui pousse les humains à exclure certaines personnes, comment fonctionnent ces machines étranges et surtout comprendre le lien qui uni l’ensemble. Contenu et profondeur pour un scénario de jeu, c’est assez rare pour être souligné. On n’a qu’une seule envie : en savoir plus.

D’accord on a un scénario qui tient la route. Maintenant, comme dans tout bon film le scénario ne fait pas tout. Pour une réussite complète il faut aussi de bons acteurs. Et là une fois de plus Guerrilla nous a gâtés. Aloy est charismatique, forte et attachante. Malheureusement, c’est un peu son jeu d’actrice qui pèche. A sa décharge le problème ne provient pas que d’elle car les autres personnages ne sont pas spécialement doués. Le problème c’est que les visages ne sont pas très mobiles. A quelques degrés d’inclinaison de sourcils près, on passe de la colère à la tristesse (« plus belle la vie » chez les dino). Franchement, cela entache un peu la dramaturgie de certains passages mais pour le reste comme nous sommes dans un environnement rude, les visages fermés correspondent plutôt bien à l’univers. De plus avec ses tresses rousses, sa tenue en peau de bête son arc et sa lance mélangeant bois et métal, notre héroïne a du style. Côté animation c’est pareil, course à pied, roulade, escalade, highlining aucun sport ne l’effraie. Aloy est à l’aise partout et ces mouvements sont fluides. On regrettera un peu que certains mouvements, notamment pour l’escalade, soient téléguidés (serait-elle cousine de Nathan Drake ?), mais bon c’est du détail. On l’aura compris de base notre chasseresse est déjà bien entraînée, mais en plus de cela elle va évoluer au cours du jeu. Le système d’évolution est classique mais efficace et bien dosée. Techniques, équipements, consommables, beaucoup d’éléments sont évolutifs. Pour ma part je trouve souvent cela rébarbatif. Quand il y a trop de possibilités je suis vite perdu et je réfléchi plus trop. Ici ce n’est pas le cas. L’interface est plutôt bien faite et surtout commentée. On passe un peu de temps à choisir nos évolutions mais c’est agréable. Au cours du jeu des objets pourront être récupérés sur les machines pour améliorer l’équipement. Bien sur beaucoup d’objets seront également échangeables dans les échoppes ou auprès des marchands itinérants. Horizon adopte un système de troc, dans les villages vous pourrez échanger vos objets contre d’autres. L’avantage c’est que vous n’avez pas besoin de gérer un porte monnaie en plus de votre inventaire. A cet inventaire, il faut également ajouter un arbre de compétences. Le nombre de compétences n’y est pas pharaonique et cela n’engendrera pas de grande modification sur votre partie. Il faut le voir plus comme une série de bonus permettant d’enrichir l’expérience. Des points de compétence sont attribués au fur et à mesure de votre avancée dans l’aventure. Ces points vous permettront de sélectionner des capacités nouvelles. A noter que pour chaque capacité (c’est également le cas pour les armes) une petite vidéo vous permet de voir en direct l’effet ce qui aide bien les choix. C’est rapide et efficace. On remarquera également que la carte est vraiment jolie le petit effet 3D permet de bien s’orienter.

Un chasseur sachant chasser ….

L’évolution c’est bien, mais pourquoi faire? Pour la chasse bien entendu, et pas n’importe laquelle. En fait, Horizon est fait pour tous les frustrés de la chasse à l’arc qui ne veulent pas tuer de pauvres petits lapins en détresses. En effet, les cibles principales ici sont les machines du coup ça devient plus marrant (bon d’accord on peut aussi tuer des petits lapins…). C’est un élément clé et soigné du jeu. Avec un équipement qui est un savant mélange de brindilles et de morceaux métalliques du futur Horizon arrive à nous donner l’impression de chasser comme l’Homo erectus tout en utilisant des appareils électroniques dernier cri. On passe facilement de l’arc avec ses flèches de bois et de métal, aux pièges électriques tirés au lance-câbles en passant par une fronde avec ses explosifs EMP. C’est originale et divertissant à souhait. On se retrouve souvent à se cacher dans les buissons pour établir une technique d’approche. Les machines ont des attitudes plutôt différentes selon les cas et les « espèces ». Elles sont mécaniques et pourtant on a le sentiment d’avoir à faire à des animaux. De plus, chaque mécadino possède ses points forts et ses défauts ; feu, glace, électricité, il faudra bien choisir pour venir à bout des ennemis les plus récalcitrants. C’est d’autant plus vrai que notre pauvre Aloy, malgré toutes ses qualités, reste faite de chair et d’os et donc côté résistance face à un tas de vis et d’écrous en colère elle a souvent peu de chance de s’en sortir. Discrétion, préparation, anticipation seront vos meilleurs atouts. Il n’y a rien d’autre à dire, très vite on se prend au jeu… En fait, Horizon nous fait aimer la chasse (heu je ne sais pas si c’est un compliment ça !). A noter également, qu’au cours du jeu vous allez également affronter des humains. Et là, bizarrement c’est moins technique. Les ennemis foncent assez facilement sur vous et se font piéger par un bout de rocher. Mais finalement, ce n’est pas vraiment le plus important.

Histoire, personnage principale qui n’a rien à envier à une Lara Croft il n’y a pas à dire on trouve peu de défauts dans Horizon. Mais là où le jeu prend toute sa dimension c’est dans l’univers dans lequel il est plongé. Horizon est un jeu en monde ouvert. Moi quand on me dit ça souvent je pense qu’il va falloir faire de la cueillette, aller chercher le chat de Jean-Jacques qui est perché dans un arbre et tout ça dans un environnement de qualité visuelle moyenne. J’exagère un peu beaucoup là mais c’est vrai que j’ai souvent peur que le jeu tombe dans les travers de l’open world. Actions répétitives qui n’apportent pas grand-chose (cueillette), quêtes dans tous les sens à n’en plus savoir où on en est de l’histoire principale, environnement un peu moins travaillé pour permettre de faire du grand (tout le monde ne fait pas du GTA malheureusement).

Savez-vous planter des …

Et là ou certains pourraient se perdre Guerrilla nous fait un festival. Ok on va faire un peu de cueillette mais pour une fois c’est vraiment utile et très rapide… Ouf. Du côté des quêtes, elles permettent d’arpenter le monde s’en être trop présentes et trop répétitives. Elles se font au fur et à mesure de l’histoire et apportent pour une bonne majorité un plus à l’histoire (traques, recherches, combats… on se prend au jeu). Il faut le dire, la vraie originalité des quêtes réside plus dans l’utilisation de l’équipement et des capacités d’Aloy que dans les objectifs eux-mêmes mais on ne peut pas tout avoir non plus. J’en arrive finalement au dernier point : l’environnement. Franchement là c’est du grand art. On y est. On a l’impression de sentir le vent, le froid, la chaleur. Les textures sont très réussies, les effets de lumière sont magistraux. C’est bien simple Horizon rivalise avec les meilleurs jeux actuels. A tel point que par moment on est obligé de s’arrêter pour contempler le paysage. Montagnes, plaines, forêts, grottes, la nuit, le jour partout et à toutes heures c’est beau. Il y a des effets de particules dans tous les sens, des animaux qui se baladent partout, des oiseaux, des troupeaux de machines au milieu de vestiges de l’ancien monde. Même l’univers sonore est réussi. Les bruits de pas dans les forêts, dans les grottes. Le bruit de l’eau, du vent, la bande son qui colle parfaitement à l’ensemble… De ce point vu c’est Horizon Zero défaut ! Et là vous me direz impossible… Bon OK s’il fallait trouver un défaut ça serait le manque d’interaction entre Aloy et l’environnement. Ok on interagie avec certaines zones (par exemple les hautes herbes pour se camoufler), mais l’ensemble est tellement bien fait qu’on aimerait avoir plus de remous lorsqu’Aloy va dans l’eau, des traces quand elle marche dans la neige, des mouvements de branchages lors des balades en sous-bois. Des fois on a l’impression qu’elle n’est pas complètement intégrée à l’environnement. Et là je cherche un peu la petite bête (surtout que par moment il y en a des traces de pas!).

Pour conclure, il est difficile de prendre en défaut Horizon. A la liste de ses qualités on peut ajouter une durée vie réellement correcte. Dans les temps qui courent sortir une nouvelle licence avec autant de qualité c’est rare. Une héroïne qui sort du lot, un univers qui ne demande qu’à grandir encore et encore, Guerrilla n’a plus qu’à corriger quelques petits aspects un peu en dessous du reste comme l’animation faciale, les combats contre les humains, certaines zones en intérieur et on a la prochaine grande série vidéo ludique. Avec Horizon : Zero Dawn, Guerilla arrive à nous embarquer avec émerveillement dans une histoire de préhistoire post-apocalyptique rien que ça.

Note : 9/10

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