[Test] Persona 5 (PS4)

Persona 5 se déroule à Tokyo, le joueur incarne un protagoniste silencieux après son transfert au lycée Shujin. Au cours de l’année scolaire, lui et d’autres étudiants vont éveiller leurs Persona et devenir des justiciers masqués surnommés les  » voleurs Phantom of Hearts « . Ils vont alors explorer un royaume surnaturel appelé « Palace » pour voler la corruption qui réside dans le cœur des adultes.

Éditeur : Atlus
Développeur : Atlus
Sortie France : 04 Avril 2017
Genre : RPG

Nos pensées, nos émotions, notre vision du monde, voici un sujet des plus vastes et certainement des plus intéressants. Comment sonder notre inconscient, comment voir derrière notre « masque de chair » diraient certains…. Pour en savoir un peu plus sur ce qui nous travaille l’esprit, direction Tokyo où nous conduit Altus avec son nouvel épisode de Persona. Persona 5 est un RPG typiquement japonais (un J-RPG en fait), orienté spécifiquement sur le milieu scolaire. Les Personas sont des personnifications des personnalités des protagonistes. L’idée générale de Persona 5 est d’utiliser ces Personas afin de dévoiler le côté obscur qui se blottit dans nos esprits.

La première difficulté de Persona est la langue. Autant prévenir tout le monde, ici on est en Anglais et pas toujours de l’anglais scolaire. Pour ceux qui ont une dent contre Shakespeare vous risquez de brûler votre téléviseur avant la fin de l’introduction. Pourquoi vous me direz, parce que Persona est essentiellement porté par son histoire. Donc si on ne la comprend pas on passe à côté du titre. Justement commençons donc par cette histoire. L’ensemble de l’intrigue est relatée lors de l’interrogatoire de notre jeune héros qui vient juste d’être interpellé suite à un cambriolage. S’en suit une série de flashbacks qui retracent le cheminement des phénomènes qui l’ont conduit dans cette situation. Sans rentrer dans les détails, notre jeune étudiant a été frappé par l’injustice (un gros classique des mangas Japonais…). Il est accusé d’avoir agressé un homme d’influence alors qu’en vérité il ne faisait qu’agresser un agresseur pour sauver une demoiselle en détresse. Afin de racheter ses fautes il doit changer d’école. Pour encadrer sa réinsertion, il est surveillé par le gérant d’un bar au dessus duquel une chambre lui est réservée (le pauvre, vivre en permanence dans un bar). Projeté dans une nouvelle vie, il va devoir non seulement se réadapter à son nouvel environnement mais également faire face à des évènements plus qu’étranges. Sa vie va alors se diviser en deux. Une vie « tranquille » d’étudiant insouciant et une vie intérieure plus sombre et complexe. C’est toute la force de Persona 5. Une dualité entre la vie matérielle et la vie spirituelle avec toutes les liaisons qui peuvent exister entre les deux. Persona 5 est un jeu à deux facettes. Un côté pile se reprochant d’un jeu de gestion de vie et un côté face orienté action. En fait, Altus tente d’imager la psyché ce qui n’est clairement pas une mince affaire. Pour cela, Persona utilise le concept de « Palace ». Les palais sont des représentations mentales des sentiments cachés des différents personnages. L’objectif sera alors de pénétrer ces palais afin de stopper les injustices régnant dans le lycée Shujin.

Dans la première facette de son univers, notre jeune lycéen va devoir se réhabiliter. Cela implique, se faire de « bonnes » relations, suivre les cours et les travailler le soir, ne pas rentrer trop tard, ne pas se faire remarquer. A première vue rien de bien difficile sauf qu’ici vous allez devoir jongler avec votre deuxième « moi ». Et là les choses se compliquent un peu. Pour résumer, c’est dans la monde réel que vous allez devoir progresser, vous équiper, récupérer des informations et des objets importants en prévision de la visite des palais. Sur le papier on a l’impression que de nombreuses activités vont s’offrir à nous mais en vérité ce n’est pas exactement le cas. Dans la vie « réelle » le jeu est une succession de choix (rentrer à la maison pour travailler, faire un boulot pour gagner de l’argent, sortir ou non). Ces choix vont orienter l’évolution des caractéristiques de votre personnage. Malgré ce manque de liberté et cette trame extrêmement narrative (dans Persona ça bavasse !), il n’en reste pas moins que beaucoup des actions disponibles sont optionnelles. Il vous faudra donc chercher un peu partout pour découvrir la multitude de possibilités que le jeu propose. Dans la deuxième partie, notre héros voit le monde tout autrement. C’est le monde des « palaces ». Les palais sont la matérialisation du moi profond des gens. Cet univers tranche radicalement avec la vie de lycéen. Beaucoup plus sombre que la vie matérielle, les palais sont l’incarnation du côté obscur des personnes. D’ailleurs cette noirceur transpire dans la monde matériel et engendre, bien entendu, tout un tas d’évènements dramatiques qui eux sont bien réels pour nos héros. L’objectif va donc être de déterminer le pourquoi de l’attitude de certains adultes afin de les libérer de leurs péchés. Vous êtes en fait une sorte d’exorciste, l’élu qui doit protéger les opprimés en dévoilant les profondeurs des bourreaux.

D’accord, tout cela c’est bien beau mais à un moment il faut bien jouer. On est dans un J-RPG et donc on s’attend à avoir des combats quand même ! Et là franchement c’est la douche tiède. D’abord il faut reconnaitre que Persona 5 sort des sentiers battus en termes d’interface. C’est très graphique à la sauce Japonaise. L’ambiance Manga est très réussie, les menus sont originaux et plutôt intuitifs. Ils s’enchainent avec aisance par le biais d’effets différents et sympas. Malheureusement, cela rend des fois l’ensemble un peu brouillon et certain choix graphiques sont vraiment trop caricaturaux (la date géante en haut de l’écran ça irrite la rétine comme les fenêtres de dialogue qui pour moi sont pas des plus jolies). A contrario, par moment c’est bien dosé notamment pour les combats ou les menus sont très bien pensés. Parlons-en justement des combats. Ici les combats se déroulent au tour par tour. C’est un vrai plaisir car cela donne une place importante à la tactique et surtout cela permet d’ajouter une foule d’options que Persona 5 utilise au maximum. Vous pourrez par exemple utiliser des armes blanches, des armes à feu. Vous pourrez contrôler plusieurs alliés. Vous pourrez analyser vos ennemis afin d’en connaître les points faibles. Vous pourrez utiliser des objets divers. Jusqu’ici rien de très original vous me direz. Mais les choses deviennent intéressantes grâce aux Personas. Les Personas vous permettront d’effectuer des attaques élémentaires afin d’atteindre les points faibles des ennemis. Chaque Persona a ses propres capacités. De plus, vous aurez le moyen de fusionner les Personas afin de combiner leurs forces et d’engendrer des alliés de plus en plus puissants. Igor, personnage emblématique de Persona vous permettra d’effectuer ces fusions de Personas. A cette dimension on peut ajouter la possibilité d’assommer les ennemis afin de les récupérer comme alliés sous forme de Persona, pour voler des objets, ou encore pour faire des attaques multiples. Vous pourrez également passer la main à un allié lorsque vous aurez réussi une attaque puissante. Au final, comme les ennemis peuvent également faire de même, les combats ne sont finalement pas de simple tour par tour et vous donneront parfois du fil à retorde. De plus avec la fluidité des menus l’ensemble est étonnamment dynamique pour ce mode de jeu. On l’aura compris Persona donne la part belle à l’aspect tactique des combats, malheureusement c’est au détriment du reste car passé les combats, l’exploration des palais n’est pas à la hauteur. Au niveau du de level design c’est très basique il y a très peu de surprises. On enchaîne les zones sans réfléchir énormément. Pour palier à cela un système d’infiltration est ajouté à l’exploration et là c’est presque pire. On saute de cachette en cachette pour surprendre les ennemis qui sont plus idiots les uns que les autres, à tel point que par moment on a plus l’impression de jouer à « cacher coucou » avec des enfants. Heureusement, on ne s’attend pas à jouer à Dishonored ou un Deus Ex ouf.

On l’aura compris, Persona 5 à une vraie originalité. Originalité dans les combats, originalité dans les interfaces, une originalité dans le parti pris « effets Comics » très fort, une originalité dans la dualité entre la réalité et les palais. Mais cela ne fait pas tout. Là où Persona est également bien réussi c’est dans la reproduction de lieux. Dans les ruelles, dans le métro, dans le lycée, l’ambiance est fidèlement retranscrite. A cela on peut ajouter les séquences animées bien réalisées et qui font toujours plaisir. Le problème c’est qu’on a le sentiment que tous les atours sont au détriment de la technique. Cela ne se ressent pas trop dans la vie réelle tant qu’on se laisse porter par l’histoire et qu’on ne regarde pas de trop prêt. Mais par contre dans les palais ce n’est pas très glorieux. Textures, effet de lumière, animation, tout est en dessous des standards actuels. C’est franchement dommage. Par moment on a le sentiment que les effets Comics servent à cacher l’effet comique de la modélisation des ennemis, cela gâche un peu l’expérience.

Pour conclure, Persona 5 brille clairement par son ambiance, par son originalité, par les thèmes qu’il aborde. Les thèmes sont souvent sombres mais toujours imagés avec une pointe de légèreté. C’est finalement une belle représentation du monde au travers du prisme de la jeunesse. Du point de vu du gameplay, Persona 5 est un exemple d’intelligence et de fluidité. Malheureusement, par moment Persona fait trop dans l’artifice plutôt que de se concentrer sur la technique. Trop de narration, trop d’effets visuels donnent un sentiment de poudre aux yeux pour masquer une technique moyenne. Heureusement, l’objectif de Persona 5 est davantage de nous faire réfléchir en nous posant une question simple… Je pense donc je suis mais, suis-je ce que je pense ?

Note : 7/10

Retrouvez les impressions vidéo de Bundef sur Persona 5 ici.

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