[Test] The Evil Within 2 (PS4)

The Evil Within 2 est un survival-horror sur PS4 dans lequel vous incarnez l’ex-inspecteur Sebastian Castellanos toujours en quête de réponses. Une chance de sauver sa fille va lui être offerte, mais pour ce faire il devra plonger dans un monde cauchemardesque. Cette suite de The Evil Within donne la possibilité aux joueurs d’adapter son approche en jouant la carte de l’affrontement ou de l’infiltration.

Editeur : Bethesda Softworks
Développeur : Tango Gameworks
Sortie France : 13 Octobre 2017
Genre : Survival-Horror
Classification : +18 ans
Mode : Jouable en solo

Viscères, globes oculaires, protubérances dentaires, du gore, de l’angoisse, des morts aux multiples
bras, des vivants sans tête… le grand bal de l’horreur constitue un pan complet de l’univers du jeu
vidéo actuel. Malheureusement, force est de constater qu’au milieu de cette appétissante boucherie
vidéo ludique, peu de jeux sont intégralement pensés autour de la peur. Il est en vérité laborieux de
s’introduire au cœur du cercle fermé des enfants terribles d’un Silent Hill ou d’un Résidents Evil de la
première heure. Et pourtant, The Evil Within a réussi plutôt brillamment sa montée sur le ring.
Scénario intelligent, univers dérangeant et énigmatique, dans son premier volet TEW nous connectait
directement à l’esprit fou d’un tueur. Frissons garantis à chaque ouverture de porte. Malgré le grand
nombre d’énigmes laissées par TEW, une histoire aussi tordue semblait compliquée à renouveler. Et
pourtant, Tango Gameworks games nous revient cet automne avec le deuxième opus de TEW.
Emporte-t- il avec lui son lot de terreurs ?

D’abord, il est clair que The Evil Within 2 (TEW2) sait comment mettre l’ambiance ; une ambiance
pour le moins angoissante. Le positionnement de l’objectif, la mise en scène, dès l’introduction TEW2
nous fait une véritable promesse. On se dit tout de suite que si ça continue ainsi, la partie risque
d’être épique. Pour cause, on est instantanément projeté dans le trouble psychologique qui habite
notre personnage principale le bien heureux Sébastian. Sébastian est, je crois qu’il est possible de le
dire, légèrement dans le creux de la vague. En effet, la perte brutale de sa fille l’a lentement conduit
aux portes de la folie. Flic, alcool, dépression, c’est un cocktail déjà gouté mais toujours aussi
enivrant. Et oui on aime les paumés qui n’ont rien à perdre. Enfin, rien à perdre, ça c’était avant !
Avant l’arrivée d’une petite entreprise nommée Moebius qui a pour spécialité la manipulation
mentale. Grâce au STEM, ils génèrent une espèce d’univers parallèle basé sur les projections
mentales d’un être particulier. Les utilisateurs du STEM vont alors se connecter mentalement à cet
esprit pour pouvoir en quelque sorte l’explorer (« il était une fois la vie » dans un cerveau malade !).
Dans le premier opus de TEW, le pauvre Sébastien s’était retrouvé branché au cerveau d’un tueur
(quelle bonne idée !). Un flic dans le cerveau d’un criminel, l’enquête du siècle pour Sébastian. Sauf
qu’en définitif il en est ressorti encore plus amoché le pauvre. Et alors qu’il est tranquillement en
train de ruminer son passé dans un verre, sa traitresse de coéquipière revient pour lui offrir un
nouveau voyage sans escale pour l’enfer. Mais cette fois c’est différent car l’objectif est de sauver sa
fille morte, enfin qu’on croyait morte. N’importe qui de censé se dirait « oh ça sent un peu l’arnaque
tout ça » mais pas lui. N’écoutant que son courage le voilà donc reparti dans ce qui va probablement
être une belle charcuterie.

Honnêtement, même s’il est difficile de retrouver l’originalité du premier épisode (sauf pour ceux qui
ne l’ont pas fait… les veinards) il y a du potentiel dans l’histoire. Donc on y plonge sans réelle
hésitation. La prise en mains est plutôt simple. Pour ceux qui connaissent le monde du survival
horreur, cela vous prendra deux trois minutes pas plus. C’est un bon point car l’objectif n’est pas de
performer mais plutôt de se la jouer discret. D’ailleurs, n’espérez pas faire des prouesses physiques
avec votre pauvre Sébastian. Comme souvent dans ce type de jeu les personnages semblent
lourdauds. Cela contribue à l’atmosphère oppressante de l’expérience où la moindre erreur est
fatale. Avec toute cette arthrose que doit supporter chacune des articulations de notre vieux flic la fuite se complique vite. Quand il faut être discret (environ les trois quarts du temps) cela pose aucun
problème, mieux encore ça valorise le travail de caméra en particulier dans les lieux confinés. Par
contre c’est vrai qu’au moment de dégainer les choses se corsent vite fait. Heureusement, on n’est
pas là pour faire de l’Uncharted donc on fait avec. Pas d’inquiétude tout de même pour ceux qui
aiment user de l’arme létale. Point de vue équipement, il y a ce qu’il faut. TEW2 reprend un système
classique d’armes trouvées ici et là ou d’armes fabriquées dans des ateliers. Par moment apprenti
médecin, par moment apprenti bricoleur du canon scié, vous pourrez, dans des zones réservées mais
également à tout moment fabriquer plusieurs items qui sont indispensables. Rien de transcendant
mais il y a ce qu’il faut et pour ma part je n’en demande pas plus. Trop de tunning tue le tunning.
D’autant qu’en plus on a un système d’améliorations personnelles. Comme dans le premier opus,
TEW2 est construit autour d’un lieu central. Ici, c’est le commissariat de notre policier. Dans ce
dernier on retrouve une vielle connaissance, la petite infirmière qui n’a de sexy que les lunettes. Elle
vous permettra, à l’aide de légères interventions chirurgicales sur le cerveau (rien de méchant), de
booster vos compétences (tir, discrétion, barre de vie… du classique). Le système est assez connu
mais la mécanique reprise de TEW premier du nom fait toujours son petit effet. En résumé, un bon
dosage de level up qui sera nécessaire pour affronter l’environnement.

L’environnement justement, TEW est un jeu qui a la particularité d’avoir un environnement qui est
assez instable. Les portes apparaissent puis disparaissent, les couloirs s’inversent, se déforment, on
s’imagine facilement au beau milieu d’un organe vivant. L’impression d’enfermement est très
travaillée tant qu’on est en vase clos. Je dis cela car la particularité de TEW2 c’est d’avoir un monde
ouvert. Alors pas de panique je ne parle pas de partir à la chasse et à la cueillette au milieu de
grandes plaines sauvages (désolé vous ferrez quand même de la cueillette… il faut croire que c’est
vendu par lot : monde ouvert implique cueillette ?!). Au premier abord on a du mal à comprendre
l’intérêt mais finalement cela permet d’avoir quelques moments d’accalmies entre deux espaces
clos. Cette « nouvelle » formule permet d’ajouter un sentiment de liberté dans le déroulement du
jeu mais ne vous y trompez pas l’ensemble reste relativement directif. Les missions annexes ne le
sont pas vraiment et surtout elles ne sont pas trop nombreuses. Premier « ouf » car avoir des
missions annexes c’est déjà très bizarre quand on est en plein film d’horreur mais en plus s’il fallait
rechercher les chats perdus non merci. Deuxième « ouf », les zones de libertés sont cadrées. L’idée
étant de conserver autant que faire ce peu le sentiment d’emprisonnement psychologique, et puis il
reste encore les bons vieux murs invisibles et les fossés infranchissables pour cloisonner le jeu. C’est
loin d’être discret mais on peut s’en contenter même si être pris au piège par un pot de fleur
infranchissable c’est pénible des fois.

Vous l’aurez compris les promenades dans la belle ville pleine de zombies sont un bon moyen de baisser la tension. La baisser pour pouvoir l’amplifier dès qu’on tente de visiter une maisonnette ou là tout change. Et oui pas de secret c’est dans les couloirs que TEW2 nous terrifie le plus facilement. Changement de décors, de lumière, d’univers sonore. Les milieux confinés font plaisir à voir. Dans l’ensemble, on observe une vraie amélioration technique sur cette nouvelle version. Cependant, on reste par exemple en ce qui concerne les ennemis un peu en dessous des standards actuels. Les zombies mériteraient plus de diversités et d’originalités. Tant qu’on est dans la peur et la surprise ça fonctionne parfaitement car l’ambiance l’emporte sur les détails. A contrario, quand TEW2 veut juste faire du gore ça manque de finesse et de réalisme pour qu’on puisse profondément y croire. Du côté des boss c’est un brin moins flippant que précédemment cela provient en partie des mécaniques qui sont reprises du premier opus donc une fois de plus si on le connait on retrouve vite ses marques. Et là je ne parle pas des personnages humains qui eux, excepté Sébastian et certain ennemis, n’ont pas plus de charisme que des morts ça gâche un peu leur importance. Par chance la mise en scène permet toujours de palier les menus défauts de finition des différents êtres qui peuplent TEW2.

Pour en finir, TEW2 est une très belle suite. Malgré un certain manque de renouvellement au niveau de l’intrigue, les différentes évolutions ici et là permettent de retrouver le plaisir d’avoir peur. L’ajout d’un monde plus ouvert est plutôt une bonne chose même si on aurait aimé avoir un peu plus le sentiment d’être à la recherche de la vérité et non simplement de poursuivre un signal de talkie-walkie. C’est toujours un peu le problème des mondes ouverts. Plutôt que d’enrichir l’histoire grâce à l’environnement, on a tendance à enrichir l’environnement d’histoires. Enfin, la vraie question est de savoir si TEW2 fait peur. Et franchement oui et pour cela nul besoin de grand espace car clairement là ou TEW2 fait fort c’est quand il réduit l’espace. Mise en lumière, effets sonores, positionnement de la caméra TEW2 est une belle réussite. Pas de doute, c’est lorsqu’il s’enferme entre les murs d’un couloir vide, que TEW2 s’ouvre pleinement.

Ma note : 8/10

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