[Test] God Of War (PS4)

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Après avoir combattu des bêtes mythologiques, terrassé des dieux, affronté les géants de la création dans toute la Grèce on mérite de prendre quelques vacances. Enfin, quand on est un demi-dieu et que notre spécialité c’est la découpe d’articulations, les périodes de repos ne sont pas éternelles. Ainsi, voilà que Santa Monica Studio nous revient avec un nouvel opus de God Of War. Une barbe, une famille, une maison tranquille dans la forêt, les nouvelles activités de Kratos semblent à première vue assez éloignées de ce qu’on peut attendre d’un jeu connu pour son action intense. Mais, après cinq ans de travail, on imagine bien que GOW nous réserve bien plus que de la chasse et de la pêche. Donc sans plus attendre direction le grand nord.

Date de sortie : 20 Avril 2018

On ne va pas y aller par quatre chemins, la première chose qui frappe dans GOW c’est la beauté du jeu et sa mise en scène. Sans dévoiler l’intrigue on peut dire que dès le début on reçoit une grande claque. Les textures, les effets de lumière, de particules sont au top. Les traces dans la neige, les animaux, les arbres, il y a des détails partout : cela rend l’atmosphère follement réaliste. Par moment dans un univers glacé, par moment dans la forêt, à d’autre dans des palais, il y a une grande diversité qui ne retire rien à la cohérence de l’ensemble. Vous l’aurez compris, GOW baigne dans un environnement vraiment superbe. A plusieurs reprises, on se surprend même à rester contempler le paysage juste pour le plaisir des yeux. A part peut-être l’eau qui parfois fait moins réaliste (enfin si on compare au reste, tout est relatif) à ce niveau-là c’est du sans faute. En parlant de belle plastique, justement, les personnages ne sont pas en reste. Kratos, comme son fils Atreus sont remarquablement bien modélisés. Kratos a l’air encore plus brutal que dans sa jeunesse (ça c’est l’effet hipster). Bon d’accord il fait moins physique néanmoins il dégage une vraie force. Atreus quant à lui est une bonne surprise. Souvent les enfants sont vilains dans les jeux. Ils ont peux d’intérêts et paraissent lisses. Ici c’est tout l’inverse, on a un vrai personnage avec du caractère. Son arrogance et son humour, surtout envers son père, le rendent vraiment sympathique et en parfaite adéquation avec son âge. A cela il faut ajouter les expressions qui sont remarquablement retranscrites. Et ici je ne parle que des deux personnages principaux car côté PNJ il y a aussi du lourd. La première rencontre avec Baldur est tout simplement mémorable. Le problème c’est qu’avec toute cette beauté on s’attend au meilleur partout et malheureusement en ce qui concerne le bestiaire ça dénote. Les ennemis ne se renouvellent pas beaucoup et sont pour la plupart (je parle ici des plus courants) pas très originaux. On a assez rapidement l’impression de rencontrer les mêmes monstres avec des couleurs différentes… Dommage.

Déjeuner en Paix

L’esthétique de GOW est une belle réussite c’est indéniable, cependant cela ne fait pas un jeu réussi. Il faut encore une histoire qui tiennent la route. Kratos ayant déjà démembré tout l’olympe, le renouvellement de la licence paraissait des plus complexes. Et là, petit tour de passe-passe et on se retrouve avec un Kratos ayant pris de la bouteille, perdu dans la neige avec un fils et une épouse à enterrer. Je vais pas entrer dans les détails afin de ne pas spoiler le jeu mais le subterfuge fonctionne. Rangé, caché des dieux dans sa forêt notre demi-dieu semble en paix (tout du moins un peu moins sur les nerfs). Seulement voilà qu’une promesse et un dieu mal luné l’obligent à effectuer un voyage des plus périlleux pour lui et son fils. Sorti de sa zone de confort il doit affronter les dieux de la mythologie nordique. Une barbe, un bateau, une hache, le grec est devenu un vrai viking. Ainsi, l’histoire est tournée sur la relation père fils. D’accord souvent on va droit dans le cliché mais ici et là les pointes d’humour, l’insolence d’Atreus donnent un certain relief à l’histoire qui somme toute est bien construite. Le tout est agrémenté de petites anecdotes et contes mythologiques racontés lors des déplacements sur le bateau ou lors des balades en forêt, c’est amusant (on reste des fois à attendre la fin de l’histoire avant de débarquer sur une plage). De plus, l’histoire baigne dans une mise en scène hollywoodienne qui pallie largement à son petit manque d’originalité. En effet, entre le positionnement de sa caméra, ses zooms et ses prises de recule, GOW nous embarque à chaque fois plus profondément dans son univers. Il prend la main sur la caméra quand il le faut et nous la redonne avec douceur sans même qu’on s’en rende compte. C’est fluide, en mouvement perpétuel et toujours opportun. C’est un peu comme si le jeu ne s’arrêtait jamais. Cela est vrai pour les scènes majeures du jeu et également dans tous les combats et notamment lors de la mise à mort des ennemis.

Ok, faire du babysitting à travers la Scandinavie c’est sympathique mais pour l’instant il n’y a pas beaucoup d’action. Surtout pas d’inquiétude, GOW reste un jeu où on discute à grands coups de hache. Je dis hache car c’est là le nouveau jouet préféré de notre bon vieux Kratos. Dans GOW les combats s’articulent entre : Atreus qui avec son arc viendra principalement étourdir les ennemis ou les déstabilisés ; la hache de Kratos qui permet d’envoyer divers combos et le classique combat à main nu agrémenté de l’incontournable mode « rage ». L’ensemble est équilibré et assez technique. En fonction des ennemis de petites stratégies devront être mises en place. Certains seront même de vraies plaies à battre (un peu de difficulté c’est rafraichissant). Après on est quand même dans un GOW ou le défoulement reste une des qualités principales pour gagner les duels. De plus, fini les QTE pour tout et rien. Franchement merci car ils étaient souvent placés lorsqu’on aimerait profiter de la mise en scène. J’ai toujours trouvé cela inutile et frustrant. En complément de cela, GOW s’accompagne d’un système d’évolution (comme tous les jeux aujourd’hui… Ou presque) par un mélange d’expérience, d’argent et d’objets arrachés à des cadavres. Pour être honnête, ce n’est déjà pas ce que je préfère dans les jeux mais alors là c’est trop, trop pour GOW. En effet, entre Kratos, ses capacités, ses armes, ses armures, l’évolution de ses armes, les objets additionnels et l’équivalent ou presque pour Atreus à la fin on en peut plus. On récupère des objets dans tous les sens et on peut avoir le sentiment d’être plus sur une chasse au trésor que sur un bras de fer avec les dieux. Après, une fois les mécaniques d’évolutions un peu près assimilées le temps passé dans les menus se réduit vite. On fait l’essentiel pour continuer à évoluer.

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Pour terminer GOW est une belle réussite. Esthétiquement proche de la perfection, il nous ébloui par la richesse de ses environnements. Côté gameplay il y a de la difficulté et de la brutalité. C’est moins spectaculaire que par le passé (en même temps il est plus tout jeune) mais c’est chorégraphique à souhait, c’est fluide. Ajouté à cela une histoire qui tient la route, une durée de vie des plus honorable, une mise en scène de haute volée et vous avez un jeu qui mérite de rester gravé sur les tablettes sacrées de l’histoire du jeu vidéo. Dommage que dans tous ces superlatifs on trouve aussi un trop plein de va et vient, d’équipements, d’évolutions, de modifications d’arme, d’objet à chercher dans de multiples coffres. On aurait aimé avoir que la sobriété de Kratos transpire aussi dans le système d’évolution. Mais bon, il est difficile faire les choses à moitié lorsqu’on est un demi-dieu et c’est probablement un passage obligé pour élever une tragédie grecque au rang de mythe scandinave.

Ma note : 9/10

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